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Bulletin de la Société de Pathologie Exotique

0037-9085
 

 ARTICLE VOL 104/1 - 2011  - pp.14-19  - doi:10.1007/s13149-010-0127-z
TITRE
Impact socio-économique du déversement de déchets toxiques à Abidjan en 2006 à l’échelle des ménages

TITLE
Socio-economic impact at the household level of the health consequences of toxic waste discharge in Abidjan in 2006

RÉSUMÉ

En août 2006, des déchets toxiques importés par un navire vraquier polyvalent ont été déversés en 14 endroits répartis sur sept sites dans différents quartiers du district d’Abidjan, provoquant une catastrophe environnementale avec la mort d’une dizaine de personnes, l’hospitalisation de quelques dizaines d’autres et des troubles nécessitant plusieurs dizaines de milliers de consultations médicales. Face à cette situation, les autorités sanitaires et administratives décidèrent d’un certain nombre de mesures de protection, notamment la destruction de cultures autour des points de déversement. En vue d’apprécier l’impact psychologique et socio-économique, ainsi que son ampleur spatiale, nous avons entrepris une enquête transversale multidisciplinaire dans les quartiers abritant des sites de déversement, du 19 octobre au 8 décembre 2006, en utilisant la méthode d’échantillonnage par transect. L’enquête, réalisée par questionnaire, a concerné 809 ménages répartis dans les différents quartiers de déversement des déchets toxiques. Plus de 62 % des ménages visités ont abrité au moins un individu affirmant avoir souffert des déchets toxiques (501 ménages affectés). 62,5 % des « ménages affectés » habitaient la commune de Cocody (qui comptait deux sites et quatre points de déversement), 30,1 % la commune d’Abobo (deux sites et trois points) et 7,4 % la commune de Koumassi (un site et un point). Pour fuir les nuisances et les risques encourus, 22,8 % des 501 ménages « affectés » ont dû déménager de leurs domiciles. Pour faire face aux conséquences sanitaires engendrées par cette pollution, 30,5 % des ménages « affectés » ont engagé des dépenses. Celles-ci ont été en moyenne de 92 450 FCFA (=141 €), avec des extrêmes de 1 000 FCFA (= 1,5 €) et de 1 500 000 FCFA (= 2 287 €). Les mesures de destruction des cultures et des fermes proches des points de déversement des produits toxiques dans un rayon de 200 m prises par les autorités n’ont touché que 2,2 % des ménages. Par ailleurs, notre étude a établi que la « zone d’influence » des déchets toxiques allait bien au-delà des 200 m prescrits par les autorités comme limite des opérations de destruction, ce qui a exacerbé le sentiment d’iniquité de lamesure pour les ménages qui ont été victimes, sans que des mesures de compensation n’aient suivi. Les conditions socio-économiques déjà précaires de nombreux ménages ont ainsi été lourdement bouleversées.



ABSTRACT

In August 2006, toxic wastes were discharged in the district of Abidjan, causing important health consequences in many households in the area. In order to appreciate the socio-economic impact of the consequences of toxic waste discharge on the households and of the measures taken by the authorities to deal with this catastrophe, and to appreciate the spatial extent of the pollution, we undertook a multidisciplinary transversal investigation at the sites of discharge of oxic waste, from October the 19th to December the 8th, 2006, using a transect sampling methodology. This paper presents the results related to the socio-economic aspects of the survey while the environmental and epidemiological results are presented in two other published papers. The socioeconomics investigation, conducted using a questionnaire, concerned 809 households across the various sites of discharge of toxic waste. More than 62% of households had at least one person who had been affected by toxic waste (affected households). 62.47% of these households were in Cocody district (with 2 sites and 4 points of discharge), 30.14% in Abobo district (with 2 sites and 3 points) and 7.39% in Koumassi district (with 1 site and 1 point). To escape the bad smell and the nuisance, 22.75% of the 501 “affected” households had left their houses. To face the health consequences generated by the toxic waste, 30.54% of the “affected” households engaged expenses. Those were on average of 92 450 FCFA (€141), with a minimum of 1 000 FCFA (€1.5) and a maximum of 1500000 FCFA(€2.287), in spite of the advertisement of the exemption from payment treatment fees made by the government. The decision of destroying cultures and farms near the points of discharge of the toxic products in a radius of 200 meters, taken by the authorities, touched 2.22% of the households. For these households, it did nothing but worsen their state of poverty, since the zone of influence of the toxic waste went well beyond the 200 meters prescribed by the authorities as the limit of the operations of destruction.



AUTEUR(S)
B.A. KONÉ, I. TIEMBRÉ, K. DONGO, M. TANNER, J. ZINSSTAG, G. CISSÉ

Reçu le 28 janvier 2009.    Accepté le 16 novembre 2010.

MOTS-CLÉS
Probo Koala, Impact socio-économique, Déchets toxiques, Pollution environnementale, Ménages, Abidjan, Akouédo, Dokui, Plaque, Djibi, Koumassi, Côte-d’Ivoire, Afrique intertropicale

KEYWORDS
Probo Koala, Socio-economic impact, Toxic wastes, Environmental pollution, Households, Abidjan, Akouédo, Dokui, Plaque, Djibi, Koumassi, Côte-d’Ivoire, Sub-Saharan Africa

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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