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Bulletin de la Société de Pathologie Exotique

0037-9085
 

 ARTICLE VOL 108/1 - 2015  - pp.41-45  - doi:10.1007/s13149-014-0376-3
TITRE
La transition épidémiologique des mycoses en Afrique subsaharienne : de la surface vers la profondeur

TITLE
Epidemiological transition of mycosis diseases in sub-Saharan Africa: from surface to depth

RÉSUMÉ

Les champignons sont à l’origine de pathologies infectieuses regroupées classiquement en trois grandes catégories : mycoses superficielles, sous-cutanées, profondes, et la transition épidémiologique en Afrique subsaharienne n’a pas les mêmes conséquences pour ces trois groupes de pathologies. Dans les zones tropicales, les mycoses superficielles dues aux champignons dermatophytes ou à Malassezia (Pityriasis versicolor) sont fréquentes, connues de longue date, et liées aux conditions climatiques ainsi qu’à la promiscuité. Plus rares, les mycoses sous-cutanées sont des maladies principalement dues à des champignons dimorphiques présents dans le milieu extérieur et pénétrant l’organisme humain par des effractions cutanées. Ces derniers champignons sont à l’origine de pathologies souvent chroniques comme les chromoblastomycoses, les rhinoentomophtoromycoses ou les mycétomes, d’aspects spectaculaires, et elles aussi bien connues des praticiens. Les mycoses profondes (ou systémiques ou invasives) posent un problème différent. Il s’agit de pathologies qui touchent des sites profonds et a priori stériles, avec des conséquences rapidement dramatiques pour le patient. Si l’un des exemples les plus marquants a été la flambée de la cryptococcose neuro-méningée dans le cadre de l’épidémie VIH, d’autres mycoses profondes sont à présent à redouter. Il s’agit en effet de pathologies qui surviennent dans des conditions épidémiologiques particulières, actuellement plus le fait des pays industrialisés mais en passe de s’installer à présent en Afrique. L’augmentation de maladies telles que le diabète, l’allongement de la durée de vie et des pathologies afférentes, le développement des prises en charge thérapeutique comme les réanimations intensives, les chimiothérapies ou à présent les transplantations, sont tous des événements associés à des conditions immunosuppressives favorisant la pénétration des champignons dans l’organisme. Compte tenu de l’évolution médicale du continent, ces mycoses profondes vont croître dans les années à venir comme elles ont crû dans les pays du nord ces 20 dernières années ; d’une part les conséquences d’un tel événement ne sont pas seulement cliniques : les démarches et méthodes de diagnostic sont différentes des autres mycoses, la recherche et l’identification des champignons se faisant dans un contexte d’urgence, sous peine d’une mortalité frôlant les 100 % dans certaines conditions ; d’autre part la prise en charge en est également particulière, avec des médicaments de maniement délicat, souvent onéreux, et des patients sous haute surveillance pendant de longues périodes, ce qui majore d’autant le coût. Il faut dès à présent anticiper à tous les niveaux ces nouvelles entités cliniques que sont les mycoses profondes, nouvelle rançon du développement socio-économique de l’Afrique intertropicale.



ABSTRACT

Fungi are schematically responsible for three distinct kinds of infections: superficial mycoses, subcutaneous and deep ones. The current socio-epidemiological transition observed in sub-Saharan Africa does not actually lead to similar consequences regarding these three categories of fungal entities. For instance, it has long been known that superficial mycoses are very prevalent in tropical areas, since they are partly due to the warm climate and the promiscuity. They are mostly caused by dermatophytic fungi or Malassezia sp. (Pityriasis versicolor). Subcutaneous mycoses are rarer, and usually due to dimorphic fungi which are accidentally inoculated into the body after a skin injury or a trauma. Sometimes very spectacular, the clinical outcome is then described as chronic. Thus, chromoblastomycosis, rhinoentomophtoromycosis or mycetoma are some examples of subcutaneous mycoses which remain well-known by practitioners of endemic countries. Deep mycoses (or invasive / systemic mycoses) are defined by fungal infections of deep anatomical sites that should be normally sterile. By contrast with the other entities mentioned above, the outcome may be rapidly fatal for the patient. One of the most outstanding examples was the great increasing of cryptococcal meningitis during the HIV outbreak in the 80’. A few other similar mycoses may be feared in a near future, since they usually occur in contexts of important immunosuppression which are about to be definitely experienced in Africa: overall increase of chronic diseases like diabetes, lengthening life expectancy and its associated diseases, widespread medical practices which were only seen in advanced intensive care units, onco-haematology departments or graft centers so far. Thus, the deep mycoses will inevitably increase in Africa, as they did in all developed countries over the last two decades. The consequences will not only be limited to the clinical management as described above: the diagnostic approach is also quite particular, since the identification of the involved fungal species should be established in emergency, if not the outcome will be fatal. Besides, the antifungal drugs are expensive, and their therapeutic monitoring is quite challenging all along the follow up. Overall, we have to thoroughly take into account the emergence of invasive mycoses right now in Intertropical Africa, in order to successfully achieve the socio-economic development of this continent.



AUTEUR(S)
J. CHANDENIER, G. DESOUBEAUX

MOTS-CLÉS
Mycoses invasives, Diagnostic, Traitement, Afrique subsaharienne

KEYWORDS
Deep mycosis, Diagnosis, Treatment, Sub-Saharan Africa

BIBLIOGRAPHIE
bspe.revuesonline.com/revues/51/10.1007/s13149-014-0376-3.html

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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