ACCUEIL

Consignes aux
auteurs et coordonnateurs
Nos règles d'éthique
Autres revues >>

Bulletin de la Société de Pathologie Exotique

0037-9085
 

 ARTICLE VOL 109/3 - 2016  - pp.180-184  - doi:10.1007/s13149-016-0496-z
TITRE
Faisabilité du frottis cervico-utérin chez les femmes séropositives pour le VIH vivant au Tchad

TITLE
Feasibility of Cervical Smear in HIV-Positive Women Living in Chad

RÉSUMÉ

Le cancer du col de l’utérus est la principale cause de décès lié au cancer chez les femmes en Afrique subsaharienne. L’infection par le VIH augmente l’incidence des dysplasies et cancers du col de l’utérus. Le dépistage des lésions précancéreuses est recommandé par l’OMS. Il n’existe aucune donnée au Tchad sur les dysplasies et le cancer du col de l’utérus. Entre août 2013 et mai 2015, un frottis cervical a été proposé aux patientes infectées par le VIH vivant à Moundou (Tchad). Les frottis étaient réalisés à l’aide d’une spatule d’Ayre, puis fixés à la laque. La lecture était réalisée après coloration de Papanicolaou. Trois cent onze patientes ont accepté le frottis (aucun refus). L’âge moyen des patientes était de 38 ans (intervalle de confiance à 95 % : [37,7–39,9]). Les patientes avaient eu en moyenne 4,1 grossesses (extrêmes : 0–12). La durée médiane du suivi de la séropositivité était de huit ans (extrêmes : 0–25). Toutes les patientes étaient sous trithérapie antirétrovirale. Parmi les patientes pour lesquelles les résultats étaient connus (n = 231), 98 % avaient eu un nadir des lymphocytes CD4 inférieur à 350/mm3. Les résultats cytologiques étaient les suivants : frottis normal (n = 59 ; 19 %), frottis inflammatoire ou hémorragique (n = 139 ; 44 %), lésion malpighienne intraépithéliale de bas grade (n = 58 ; 19 %), lésion malpighienne intraépithéliale de haut grade (n = 28 ; 9 %), carcinome épidermoïde (n = 13 ; 4 %), frottis à refaire (n = 14 ; 5 %). Les lésions inflammatoires se répartissaient entre cervicite (n = 54), vaginose (n = 22) et infection à trichomonas (n = 3). L’âge des patientes, le nadir des CD4 et le taux de CD4 au moment du frottis n’étaient pas différents entre les résultats cytologiques. Cinq patientes ont pu bénéficier d’une conisation curatrice, alors que trois sont décédées au cours de l’étude, dont deux des suites d’un cancer gynécologique diagnostiqué trop tardivement. Le dépistage des dysplasies et du cancer du col chez les femmes séropositives pour le VIH est possible au Tchad. Dans notre étude, 13 % des femmes avaient une dysplasie de haut grade ou un carcinome justifiant une prise en charge médicale curatrice. Notre étude soulève aussi les limites de la cytologie simple qui ne permet de conclure que pour la moitié des frottis réalisés. La rentabilité de cet examen pourrait être augmentée par une visualisation préalable du col à l’aide d’une coloration afin d’orienter le frottis.



ABSTRACT

Cervical cancer is the leading cause of cancer-related death in Sub-Saharan African women. HIV-infected women are at increased risk for cervical intraepithelial lesions and invasive cervical cancer. WHO guidelines for screening and treatment of precancerous cervical lesions are regularly actualized. There are no data on cervical squamous intraepithelial lesions in Chad. Between August 2013 and May 2015, screening for cervical squamous intraepithelial lesions was proposed to HIV-infected women living in Moundou (Chad). Cytology examination was performed after with Papanicolaou coloration. Three hundred and eleven HIV-seropositive women accepted the screening without refusal. Mean age of the patients was 38 years (95% Confidence Interval: 37.7–39.9). The women declared a mean of 4.1 pregnancies (range: 0–12). The patients had been followed-up for their seropositivity for 8 years (range: 0–25). All were on highly active antiretroviral therapy (HAART). Of the patients whose results were known (N = 231), 98% had a CD4 lymphocyte nadir count less than 350/mm3. Cytological results were as follows: normal smear (N = 59; 19%), inflammatory or hemorrhagic smear (N = 139; 44%), low grade squamous intraepithelial lesion (N = 58; 19%), high grade squamous intraepithelial lesion (N = 28; 9%), epidermoid carcinoma (N = 13; 4%), and uninterpretable smear (N = 14; 5%). The inflammatory lesions were due to cervicitis (N = 54), vaginosis (N = 22), and trichomonas infection (N = 3). The patients’ age, CD4 lymphocyte nadir count, and CD4 count at the time of the cervical smear were not different according to the cytological results. Only five patients had a cone biopsy. Three patients deceased during the study of whom two from a gynaecological cancer diagnosed too late. The screening of dysplasia and cervical cancer in HIV-seropositive women is possible in Chad. In our study, 13% of the women had high-grade dysplasia or carcinoma needing curative care. We also showed that simple cytology did not permit the interpretation of half of the smears. The performance of cervical smear would have increased if it had been preceded by the visualization of the cervix with coloration.



AUTEUR(S)
E. MORTIER, N. DOUDÉADOUM, F. NÉMIAN, A. GAULIER, M. KEMIAN

Reçu le 21 novembre 2015.    Accepté le 22 mars 2016.

MOTS-CLÉS
VIH, Frottis, Cancer, Utérus, Femmes, Dysplasie, Moundou, Tchad, Afrique intertropicale

KEYWORDS
HIV, Smear, Cervical cancer, Women, Cervical squamous intraepithelial lesions, Moundou, Chad, Sub-Saharan Africa

BIBLIOGRAPHIE
bspe.revuesonline.com/revues/51/10.1007/s13149-016-0496-z.html

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

 PRIX
• Abonné (hors accès direct) : 34.95 €
• Non abonné : 34.95 €
|
|
--> Tous les articles sont dans un format PDF protégé par tatouage 
   
ACCÉDER A L'ARTICLE COMPLET  (128 Ko)



Mot de passe oublié ?

ABONNEZ-VOUS !

CONTACTS
Comité de
rédaction
Conditions
générales de vente

 English version >> 
Lavoisier