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Bulletin de la Société de Pathologie Exotique

0037-9085
 

 ARTICLE VOL 112/1 - 2019  - pp.1-2  - doi:10.3166/bspe-2019-0072
TITRE
Éditorial : Lettre du Brésil

TITLE
Editorial: Letter from Brazil

RÉSUMÉ

Nous sommes heureux d’accueillir dans ce numéro une longue « lettre à l’éditeur » en provenance du Brésil consacrée à quelques réflexions critiques sur la vie de Louis Pasteur telle qu’elle était présentée au public, en 1936, par le cinéaste hollywoodien William Dieterle dans un film triplement oscarisé avec Paul Muni dans le rôle-titre. Ce film, qui connut un grand succès, est encore projeté dans les cinémathèques du monde entier et facilement accessible sur internet. Publier la critique d’un film comme, en quelque sorte, un de ces comptes rendus de lecture que nous nous efforçons de promouvoir depuis deux ans dans notre revue surprendra probablement certains de nos lecteurs qui jugeront le sujet bien éloigné des thèmes habituellement abordés par nos contributeurs, voire même inadapté à une revue essentiellement tournée vers l’Afrique francophone et avare d’articles concernant l’histoire de la médecine. Ceux qui préfèrent le mythe de Pasteur à la figure historique du savant trouveront également sans doute à redire à la manière dont le sujet est abordé et poseront la question de savoir si les Brésiliens étaient les mieux placés pour faire cette analyse critique sans avoir recours aux concessions habituelles du politiquement correct. À cette dernière question, on peut répondre oui sans hésitation, car la critique des hommes qui les incarnent n’exclut nullement l’admiration et le respect des modèles qu’ils ont inspirés. Tout au contraire. Une telle assertion se vérifie particulièrement dans le cas de Pasteur, car il a toujours existé entre le Brésil et le savant français un lien particulier et chaleureux, notamment entre Pasteur et l’empereur Pedro II qui contribua financièrement à la construction de son institut parisien et avec lequel Pasteur, fait Commandeur de l’ordre impérial brésilien de la Rose, échangea de nombreuses lettres. Peu de gens savent qu’Augusto Ferreira dos Santos, le premier élève étranger venu se former dès 1886 à Paris à la vaccination antirabique était brésilien, que le premier institut portant le nom de Pasteur et consacré à la rage fut inauguré au Brésil dans la cadre de l’hôpital Santa Casa de la Misericórdia de Rio de Janeiro plusieurs mois avant celui de l’Institut Pasteur de Paris et que les médecins brésiliens espérèrent longtemps la venue de Pasteur qu’ils avaient invité au Brésil pour qu’il y travaille à la mise au point d’un vaccin contre la fièvre jaune alors qu’on ne connaissait encore rien de l’agent pathogène responsable de cette maladie et de son mode de transmission. C’est, enfin, la structure et le mode de fonctionnement de l’institut Pasteur qui inspirèrent Oswaldo Cruz lorsque cet ancien élève de l’Institut, chaudement recommandé par Emile Roux au président de la République des Etats-Unis du Brésil, devint, en 1900, directeur technique puis, deux ans plus tard, directeur général du Centre fédéral de sérothérapie (Instituto Soroterápico Federal) de Manguinhos qu’il contribua à créer et qui fut transformé en 1908 en un institut éponyme après les succès spectaculaires remportés par Oswaldo Cruz dans sa lutte contre la peste, la variole et la fièvre jaune. Yes, nós temos Pasteur ! titrerait cent plus tard le livre d’Henrique Cukierman retraçant l’histoire de l’Institut Oswaldo Cruz en étant parfaitement compris de ses lecteurs tant ce titre reflétait bien, avec une pointe d’humour, la filiation informelle mais bien réelle entre les deux instituts (

Si le nom d’un des trois co-rédacteurs du Bulletin figure parmi les signataires de cette lettre, c’est tout simplement parce que ses deux premiers auteurs le lui ont expressément demandé en raison de la pertinence de ses critiques, de l’importance de ses apports rédactionnels et de la qualité de la traduction qu’il leur a proposée. Considérant qu’il y avait conflit d’intérêt entre le fait d’être co-rédacteur d’une revue et cosignataire d’un article qui lui avait été soumis et dont il avait accepté le management, l’intéressé a tout d’abord refusé, puis, en raison de l’insistance des auteurs, a sollicité l’avis du comité de rédaction dans sa formation élargie qui a tranché à l’unanimité en faveur d’une cosignature, avec mention de cette démarche dans l’éditorial de présentation.

C’est donc avec grand plaisir et en toute tranquillité d’esprit sur ce point que nous invitons nos lecteurs à prendre connaissance de « cette lettre du Brésil » en espérant qu’elle sera les prémices de bien d’autres contributions venues de l’ensemble du continent latino-américain où les problèmes de médecine tropicale sont multiples, variés, originaux et souvent assez mal connus des spécialistes européens.



AUTEUR(S)


Reçu le 4 avril 2019.    Accepté le 8 avril 2019.

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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